Le 24 février 2026, le Cirad a présenté un retour d’expérience sur le projet FAIR Sahel, dédié à l’intensification agroécologique au Mali, au Burkina Faso et au Sénégal. Lancé en 2019, ce programme vise à augmenter la productivité des exploitations familiales tout en préservant les sols et la biodiversité dans un contexte de forte pression climatique et démographique. Au terme d’une première phase, 14 systèmes agroécologiques ont été testés et validés localement avec plus de 350 producteurs, pour un cofinancement de 9 millions d’euros apporté par l’Union européenne et l’AFD. Ces résultats font du Sahel un laboratoire clé de l’agriculture durable en Afrique de l’Ouest, avec des implications directes pour la sécurité alimentaire et la résilience des territoires maliens.
Contexte de l’actualité
FAIR Sahel est coordonné par le Cirad, en partenariat avec des instituts nationaux de recherche et des organisations paysannes du Mali, du Burkina Faso et du Sénégal. Le projet intervient dans plusieurs zones sahéliennes sensibles à la variabilité pluviométrique, à la dégradation des terres et à l’insécurité alimentaire, où l’agriculture pluviale reste le principal moyen de subsistance. Face aux limites des modèles intensifs classiques (engrais minéraux coûteux, érosion, perte de matière organique), FAIR Sahel mise sur des pratiques agroécologiques co-construites avec les producteurs : associations de cultures, couverts végétaux, gestion intégrée de la fertilité, valorisation des légumineuses, etc. L’objectif est de démontrer qu’une intensification basée sur les processus écologiques peut maintenir ou augmenter les rendements tout en réduisant la dépendance aux intrants externes et en renforçant la résilience au changement climatique.
Ce qu’il faut retenir
- 14 systèmes agroécologiques ont été identifiés, testés et validés avec les producteurs dans les trois pays, sur la base de critères agronomiques, économiques et sociaux.
- Plus de 350 agriculteurs et agricultrices sahéliens ont participé aux expérimentations, en contribuant à adapter les pratiques à leurs contraintes locales.
- Le projet bénéficie d’un cofinancement d’environ 9 millions d’euros de l’Union européenne et de l’Agence française de développement, qui soutiennent la transition vers des systèmes agricoles plus durables.
- Les premiers résultats montrent des gains potentiels en fertilité des sols, en productivité et en stabilité des rendements, tout en limitant l’érosion et la dépendance aux engrais de synthèse.
Pourquoi c’est important pour le Mali
Pour le Mali, fortement exposé à la variabilité climatique et à la dégradation des terres, FAIR Sahel offre des solutions concrètes pour sécuriser les revenus des exploitations familiales tout en préservant les ressources naturelles. Les systèmes agroécologiques testés dans les communes maliennes permettent de réduire les coûts d’intrants, d’améliorer la fertilité des sols et de renforcer la résilience face aux sécheresses et aux chocs de marché. En s’appuyant sur la co-construction avec les producteurs, le projet alimente aussi les politiques publiques nationales (documents d’orientation agricole, stratégies de lutte contre la désertification, programmes climat) avec des références issues du terrain. À terme, ces approches peuvent inspirer des programmes plus larges de transition agroécologique dans les zones céréalières et agropastorales du pays, en lien avec les objectifs de sécurité alimentaire et d’adaptation au changement climatique.
Lecture stratégique
FAIR Sahel illustre une tendance de fond : l’intensification agricole ne se pense plus uniquement en termes d’augmentation des intrants, mais comme une optimisation des fonctions écologiques des agroécosystèmes. Pour les décideurs et partenaires du Mali, cela signifie qu’investir dans la recherche-action, les services de conseil agricole et les organisations paysannes devient aussi stratégique que subventionner les engrais. La diffusion des systèmes validés par FAIR Sahel dépendra toutefois de la capacité à les intégrer dans les politiques de subvention, les dispositifs de crédit rural et les programmes de formation, afin que l’agroécologie passe de l’échelle pilote à l’échelle territoriale.
Pour aller plus loin
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