Le 14 février 2026, la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a inauguré une nouvelle agence auxiliaire à Tahoua, au centre-ouest du Niger, à environ 550 km au nord-est de Niamey. Cette implantation marque une étape importante dans le renforcement du maillage territorial de l’institution monétaire dans la région de l’Ader, carrefour commercial et agropastoral. La cérémonie s’est déroulée sous la présidence du Premier ministre nigérien Ali Mahaman Lamine Zeine, en présence du Gouverneur de la BCEAO Jean-Claude Kassi Brou et de nombreuses autorités politiques et économiques. Au-delà de l’événement, cette ouverture traduit une volonté de rapprocher les services financiers des acteurs locaux et de soutenir une croissance plus inclusive et durable.
Contexte de l’actualité
L’opération d’incinération s’inscrit dans la lutte contre les médicaments falsifiés et les drogues qui alimentent les réseaux criminels et mettent en danger la jeunesse malienne. Les stocks détruits comprennent des comprimés de Tramadol, de Diazépam, des produits pour chicha, des gaz hilarants et d’autres produits pharmaceutiques contrefaits, saisis lors d’opérations menées sur plusieurs mois par l’OCS et ses partenaires. À l’échelle du continent, les médicaments falsifiés sont identifiés comme un problème majeur de santé publique, avec des impacts sanitaires, économiques et réglementaires importants, ce qui explique le choix de destructions massives une fois les saisies effectuées. Toutefois, les études internationales soulignent que l’incinération non contrôlée de produits pharmaceutiques peut libérer des polluants toxiques dans l’environnement, posant un enjeu de gouvernance pour les pays comme le Mali.
Ce qu’il faut retenir
- Plus de 43 tonnes de produits pharmaceutiques contrefaits et de substances psychoactives ont été incinérées à Dio-Gare, dans la région de Koulikoro.
- L’objectif premier est de protéger la santé publique en retirant du marché des produits dangereux, responsables de dépendances, de surdoses et de traitements inefficaces.
- Les recherches montrent que le brûlage de déchets et de biomasse contribue à des centaines de milliers de décès annuels en Afrique via la pollution de l’air, ce qui appelle à une gestion plus sûre de ce type d’opérations.
- Des travaux scientifiques sur l’élimination des produits pharmaceutiques recommandent des filières encadrées (incinérateurs à haute température, traitement spécialisé) pour limiter les émissions de dioxines, furanes et métaux lourds.
Pourquoi c’est important pour le Mali
Pour le Mali, cette opération montre que les politiques de sécurité et de santé publique sont de plus en plus confrontées à des enjeux de gouvernance environnementale, notamment dans la gestion des déchets dangereux. Le pays est déjà classé parmi les plus vulnérables aux effets combinés du changement climatique, de la dégradation des terres et de la pollution de l’air, ce qui rend crucial le contrôle des sources évitables d’émissions toxiques. Intégrer des normes environnementales plus strictes dans les procédures de destruction (choix des sites, technologies utilisées, suivi des émissions, information des populations) pourrait renforcer la cohérence entre sécurité, santé et objectifs de développement durable. Cette actualité peut servir de point d’entrée pour repenser les chaînes logistiques de collecte, de stockage et de traitement des produits pharmaceutiques périmés ou contrefaits au niveau national.
Lecture stratégique
Au niveau international, la question des médicaments falsifiés est de plus en plus abordée sous l’angle « Une seule santé », qui relie santé humaine, environnement et systèmes économiques. Pour le Mali, s’aligner sur cette approche signifie articuler les efforts de l’OCS, des autorités sanitaires, de l’Agence de l’Environnement et des collectivités territoriales afin de développer des solutions de traitement sûres et traçables. À moyen terme, la montée en puissance de la réglementation sur les déchets dangereux et les pollutions atmosphériques pourrait aussi conditionner l’accès à certains financements climatiques ou de développement, ce qui en fait un enjeu stratégique au-delà de l’urgence sécuritaire immédiate.
Pour aller plus loin
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