Le 17 mars 2026, la Banque mondiale a approuvé un financement de 240 millions de dollars pour lancer la première phase du programme « West Africa Coastal Areas Blue Economy and Resilience Program », plus connu sous le nom de WACA+. Ce programme vise à renforcer la résilience des zones côtières d’Afrique de l’Ouest face à l’érosion, aux inondations et à la montée du niveau de la mer, tout en développant une économie bleue créatrice d’emplois dans la pêche, l’aquaculture et le tourisme. Si le Mali n’a pas de façade maritime, cette décision touche directement ses voisins de l’UEMOA et s’inscrit dans une dynamique régionale de financement de l’adaptation climatique qui influence les priorités et arbitrages de toute la sous-région.
Contexte de l’actualité : qui, quoi, où, quand, pourquoi
La première phase de WACA+ couvre le Bénin et la Mauritanie, deux pays particulièrement exposés à l’érosion côtière et aux tempêtes, avec des impacts déjà visibles sur les villes, les infrastructures portuaires, les sites touristiques et les zones de production halieutique. Le financement se compose d’environ 207 millions de dollars de l’Association internationale de développement (IDA), de 5 millions issus du fonds PROBLUE et d’environ 28 millions de capitaux privés, ce qui en fait un montage emblématique de l’articulation entre financements publics et investissements privés pour le climat. Le programme s’inscrit dans la continuité de l’initiative WACA lancée en 2018, mais avec une ambition renforcée pour intégrer davantage l’économie bleue, la création d’emplois et l’implication du secteur privé. Les objectifs annoncés pour cette phase incluent la protection d’environ 530 000 personnes contre les risques côtiers, la restauration de milliers d’hectares de mangroves et de zones humides, ainsi que le renforcement des chaînes de valeur dans la pêche et l’aquaculture.
Ce qu’il faut retenir
- WACA+ démarre avec un financement de 240 millions de dollars pour le Bénin et la Mauritanie, combinant ressources IDA, fonds bleus et capitaux privés.
- Le programme finance des infrastructures de protection côtière, la restauration de mangroves et la gestion intégrée du trait de côte, avec un fort accent sur les solutions basées sur la nature.
- Il vise à protéger plus de 530 000 personnes contre l’érosion et les inondations, à sécuriser plus de 1,3 million d’hectares de « seascapes » et à soutenir des dizaines de milliers d’emplois liés à l’économie bleue.
- La presse économique évoque la création directe d’environ 13 000 emplois mieux rémunérés et la formation de plus de 31 000 personnes d’ici 2031, notamment des jeunes et des femmes.
Pourquoi c’est important pour le Mali
Même sans accès direct à la mer, le Mali dépend fortement des ports d’Afrique de l’Ouest (Cotonou, Lomé, Abidjan, Dakar, Nouakchott) pour ses importations d’intrants agricoles, de biens de consommation, d’hydrocarbures et pour l’exportation de ses produits (coton, bétail, minerais). En renforçant la résilience des côtes béninoises et mauritaniennes, WACA+ contribue à sécuriser des corridors logistiques vitaux pour l’économie malienne, en réduisant les risques de perturbations liés aux inondations, à l’érosion ou aux tempêtes. Ce programme envoie aussi un signal politique fort : les projets régionaux structurés, alignés sur les priorités d’adaptation et capables de générer des retombées économiques (emplois, investissements privés) ont plus de chances de mobiliser des financements importants. Pour le Mali, engagé dans plusieurs initiatives de résilience climatique (restauration des terres, sécurité climatique dans les régions centrales, agroécologie au Sahel), WACA+ constitue un exemple à suivre pour concevoir des projets d’envergure régionale, connectant intérieur des terres et zones côtières.
Lecture stratégique
WACA+ illustre une évolution des financements climat vers des approches intégrées où adaptation, infrastructures, biodiversité et emploi sont pensés ensemble, plutôt que dans des silos sectoriels. Pour les décideurs maliens, cette trajectoire invite à renforcer les liens entre les politiques d’adaptation intérieure (eau, agriculture, gestion des terres, villes) et les dynamiques régionales de résilience côtière et de commerce, afin de maximiser les co-bénéfices et les chances de financement. À moyen terme, la manière dont WACA+ articulera investissements publics, capitaux privés et mesures sociales (accompagnement des communautés côtières, emplois décents, formation) sera riche d’enseignements pour d’autres projets climats au Sahel, y compris au Mali.
Pour aller plus loin
solidaire, la protection sociale et la résilience des filières agricoles au Mali, vous pouvez écrire à contact@abcomali.com.





