Le Mali aborde 2026 avec un Plan de besoins humanitaires et de réponse qui confirme l’ampleur d’une crise à la fois sécuritaire, climatique et sociale. Coordonné par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) et publié en résumé exécutif début février 2026, ce cadre cible 3,8 millions de personnes parmi les 5,1 millions identifiées comme ayant besoin d’assistance, pour un financement requis de 577,9 millions de dollars. Face à la baisse des financements observée en 2025, la réponse se recentre sur 97 cercles prioritaires sur 159, avec un ciblage fin des poches de vulnérabilité aiguë dans les zones les plus exposées du nord et du centre. L’enjeu n’est plus seulement de secourir, mais de tenir dans la durée, alors que les chocs climatiques, économiques et sécuritaires se superposent et fragilisent les moyens de subsistance ruraux.
Contexte : une crise multidimensionnelle où le climat joue un rôle clé
Selon OCHA, le contexte humanitaire 2026 au Mali reste marqué par une crise complexe faite de persistance de l’insécurité, de vulnérabilités socio‑économiques structurelles, de phénomènes climatiques (sécheresses, pluies irrégulières, inondations) et de risques épidémiques. Ces facteurs combinés dégradent durablement l’accès aux biens et services essentiels, les conditions de vie et les moyens d’existence des populations les plus vulnérables, en particulier dans les régions du nord et du centre. La baisse apparente des personnes ciblées et des besoins financiers par rapport à 2025 (plus de 20% de réduction) ne traduit pas une amélioration de la situation, mais une révision méthodologique dans un contexte de ressources limitées. En 2025, le Mali n’avait reçu qu’environ 21% des 771 millions de dollars sollicités, soit le niveau de financement le plus faible de la décennie récente
Ce qu’il faut retenir pour l’environnement, l’agriculture et la sécurité alimentaire
- Les ménages agricoles dépendants de la pluie et de terres déjà fragilisées par la dégradation des sols sont parmi les plus exposés aux chocs successifs (sécheresses, inondations, mauvaises campagnes agricoles).
- La pression sur l’eau, l’hygiène et l’assainissement renforce les risques sanitaires, surtout dans les zones de déplacement de populations ou de retour difficile.
- La combinaison climat + insécurité + pauvreté accélère les déplacements forcés, perturbe les marchés locaux et alimente les tensions autour des ressources naturelles.
Pourquoi c’est stratégique pour le Mali (lecture climat & gouvernance)
Ce plan humanitaire 2026 agit comme un baromètre des fragilités structurelles du Mali : il montre comment la crise sécuritaire se nourrit des fractures climatiques et socio‑économiques, et inversement. Les zones rurales dépendantes de l’agriculture pluviale, déjà confrontées à la variabilité climatique et à la dégradation des terres, voient leurs moyens de subsistance s’éroder, ce qui alimente une spirale crise humanitaire – crise sécuritaire. En intégrant des actions de relèvement précoce (soutien aux moyens de subsistance, restauration des services de base, réduction des risques climatiques), le plan ouvre un espace pour mieux articuler humanitaire, développement et adaptation au changement climatique. Mais sans hausse significative des financements et sans accès sécurisé aux zones en conflit, une partie des besoins restera non couverte, avec des conséquences lourdes pour les enfants, les femmes et les personnes déplacées.




